RENCONTRE – Charles Fenckler

24 janvier 2017 par OuiLaTechno

Composant principalement en analogique, il a tiré le meilleur de ses machines pour en faire un album, « Diving from the Void » sorti en novembre 2016, chez Soma Records.

C’est son premier, et ce qui est certain, c’est que ce n’est pas le dernier.

Alternant techno planante (fermez les yeux et écoutez donc « Immersion ») et techno résolument destinée au club (« Stellar Acid », « Frozen Room ») il raconte une histoire, maîtrisée de bout en bout. C’est donc avec une immense joie que nous inaugurons ce site avec un entretien en compagnie de Charles Fenckler, à l’occasion de son passage pour la Nozvezh #2, au 1988 Club à Rennes. (Petit bonus en vidéo à la fin de l’entretien !)

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Oui La Techno : Tu es venu à Rennes en mars 2016, à l’UBU, qu’est-ce qui a changé pour toi depuis ?

Charles Fenckler : Beaucoup de choses : j’ai un album qui est sorti. J’ai le label qui me fait aussi de plus en plus confiance. J’ai beaucoup plus de possibilités pour sortir ce que j’aime et pas ce que le label veut. Car c’était un peu ça au début.

Puis j’ai rencontré beaucoup de gens, j’ai fait beaucoup de dates, c’est vraiment super bien.

Oui La Techno : Tu as eu carte blanche pour faire l’album ?

Charles Fenckler : Ça a été un peu la galère au début. Je devais le sortir il y a presque un an et demi, mais j’ai pris beaucoup de temps à le faire. C’était la première fois que je faisais ça ! C’est un exercice très compliqué : j’avais envie de créer une sorte d’histoire dans les morceaux. Au début, c’était un peu compliqué avec le label, car ils voulaient que je fasse de la techno 4/4, des trucs de club. C’était pas le délire que j’avais.

Après, ils m’ont laissé faire ce que je voulais, c’est à dire quelque chose de beaucoup plus personnel. Et je pense que ça marche là.

 

 Oui La Techno : Tu as 22 ans, tu es signé chez Soma Records, les critiques sont unanimement bonnes concernant ton premier album, tu fais des dates à travers l’Europe : comment arrives-tu à gérer tout ça ?

Charles Fenckler : Déjà, je reste moi-même, je ne me prends pas la tête. En soi, je passe des disques ! Je fais ce que j’aime. Donc je ne vois pas pourquoi se prendre la tête et faire sa star. Le mieux c’est d’être soi-même. En plus, mes potes et ma famille m’ont toujours soutenu.

Oui La Techno : Soma Records a 25 ans. Selon toi, quel est le secret de leur longévité ?

Charles Fenckler : La passion qu’ils ont pour cette musique. Glenn (Gibbons), le patron de Soma, organisait les premières rave en Écosse, à Glasgow. Il a toujours défendu ce mouvement contre les critiques. C’est des mecs qui sont à fond dedans, ils aiment ce qu’ils font et ils aiment la musique.

Oui La Techno : Ça te plairait d’avoir ton propre label ?

Charles Fenckler : (grand sourire) J’y pense. J’y pense même pas en fait : ça va se faire. Mais je ne veux pas trop précipiter la chose, ça ne fait que 3 ans que je joue : chaque chose en son temps. Et puis c’est un autre métier d’avoir un label. Mais ça va se faire, pas tout de suite, mais ça va se faire.

Oui La Techno : Tu as un rituel avec de mixer ?

Charles Fenckler : Pas vraiment. Mais j’ai un coup de stress qui arrive 30 minutes avant en général. Alors je me pose, je réfléchis, je ne parle pas trop. Mais je n’ai pas de rituel à proprement parler.

 

Oui La Techno : Et après ? Tu restes un peu écouter le son ou tu rentres directement à l’hôtel ?

Charles Fenckler : Souvent, je reste avec les associations, les gens qui m’ont booké. Car c’est grâce à eux que je fais tout ça. Donc je reste avec eux, on se raconte des conneries, on picole un petit verre (rire).

Oui La Techno : Laurent Garnier a ouvert son set au Weather Festival avec ta track, « Stellar Acid ». Ça t’a fait quoi ?

Charles Fenckler : C’est un pote qui y était et qui m’a envoyé une vidéo sur snapchat. Il m’a dit : « Mec ! Y a Stellar Acid qui est en intro de Laurent Garnier, les gens sont fous ! » Ça m’a fait super plaisir. Quand le pionnier de la musique électronique en France joue tes morceaux, ça fait quelque chose.

Oui La Techno : À part Laurent Garnier, il y a des gens qui t’inspirent ?

Charles Fenckler : Jeff Mills. C’est le meilleur. Il y a Shed aussi, avec tous ses alias. Il peut passer de la techno, de la drum’n bass, de la house, hard-house, … Je l’adore.

Oui La Techno : As-tu encore le temps d’aller à des évènements techno en tant que « simple spectateur ? »

Charles Fenckler : Ah oui, j’y vais dès que je peux. Je suis pas encore booké tous les weekend, j’aimerais bien ! Au Mans, il n’y a jamais eu trop d’évènements techno. J’avais essayé d’en lancer mais ça n’a jamais trop marché. Mais maintenant, il y a des mecs qui sont arrivés, le collectif s’appelle « Impact », ils font des supers soirées. Quand je suis au Mans, j’y vais, sinon je vais à Paris avec des potes. La dernière soirée que j’ai faite c’était à Concrete, pour Rush Hour. Ça fait un moment déjà, ça me manque un peu là (rire).

Retrouvez un court entretien vidéo :

B.

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