Planète techno – Dublin

25 juillet 2017 par OuiLaTechno

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Halfpenny Bridge, l’un des symboles de Dublin. Photo par Kman999

Avec « Planète Techno », Oui La Techno donne la parole à ceux qui ont vécu la techno à l’étranger. Pour ce premier épisode c’est le fondateur du site qui vous explique son expérience et distille ses endroits de prédilection.

« Lorsqu’on pense à la capitale irlandaise, la ferveur pour la techno n’est pas forcément la première chose qui nous vient à l’esprit. Pourtant, un véritable engouement existe autour de cette culture. De très grands DJ et producteurs sont Irlandais (Sunil Sharpe, Defekt, Bicep, …) et le public est demandeur. Dublin a même connu la grande époque des raves, en témoigne ce documentaire absolument fantastique. Cette tradition perdure toujours avec les « magic bus », dont je reparlerai un peu plus bas. Une chose est sûre : en sept mois passés là-bas, j’ai eu l’occasion de vivre des soirées qui resteront gravées dans ma mémoire.

Jusqu’au bout de la nuit ?

À Dublin (ainsi que dans le reste de l’Irlande), la législation oblige les clubs à tirer rideau à … trois heures du matin. Oui vous avez bien lu. Une contrainte qui façonne la manière dont on sort et qui n’est pas pour me déplaire.
En Irlande, l’afterwork occupe une place majeure dans les relations sociales et professionnelles. Impossible d’échapper aux traditionnelles pintes de sortie de bureau vers 18h. Le club ouvrant ses portes entre 22 et 23h, l’afterwork se transforme rapidement en « before », dès 20h.

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Ne vous inquiétez pas, on s’habitue très vite au goût de la Guinness.

La soirée débute donc tôt (les premiers vomis dans la rue apparaissent vers 21h) et se termine plus tôt qu’en France. Mais elle ne dure pas nécessairement moins longtemps. C’est un rythme différent, que je trouve très intéressant. La drogue est moins omniprésente qu’en France et l’ambiance dans les clubs est absolument incroyable. Les Irlandais ont une réputation de gentils fêtards qu’ils tiennent à merveille. Toujours souriants, très curieux et ouverts d’esprit, vous risquez de faire de belles rencontres à chaque soirée.

Et si vous souhaitez vraiment continuer après 3h du matin, vous tomberez peut-être sur un « magic bus » à la sortie du club. En échange d’une quinzaine d’euros, ils vont amèneront dans des hangars en périphérie de la ville.  Le son ne s’y arrête en général qu’aux alentours de midi, à moins que la police ne vienne gâcher la fête plus tôt…

On va où ?

La plupart des clubs dublinois sont de taille moyenne. Ils offrent souvent une programmation intéressante car éclectique dans les styles. Le District 8 est le plus gros club de la ville, il fait venir les principales têtes d’affiches du monde techno et house (Jeff Mills, Daniel Avery, Ben Klock, Jackmaster, Alan Fitzpatrick, The Black Madonna etc …). Avec une seule scène, le club situé au sous-sol est souvent bondé mais on peut y danser librement et la chaleur reste supportable. Comme dans la majorité des clubs dublinois, le prix des consommations est très raisonnable (prix semblable à celui des bars).

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Le District 8

Si vous préférez les découvertes ou les artistes moins « mainstream », pas de panique, vous trouverez votre bonheur à Dublin.
L’association Techno & Cans organise des soirées dans différents clubs (et même un festival) qui sont une valeur sûre. Leur lieu de prédilection reste le Hangar. Un très bon club, bien équipé au niveau de la sono et du jeu de lumière. La preuve en image avec cette clôture du set de Dax J.

La liste des artistes qu’ils font venir est absolument parfaite (à mon goût). I Hate Models, Regal, Dax J, Keith Carnal, Stranger, Reflec, Yann Cook, Perc, … Bref, du très très bon.

L’Opium Room est l’un de mes clubs favoris. Ses deux salles sont très agréables, la deuxième étant un fumoir géant avec un bar. Des artistes accomplis tels que Slam, KinK, Ellen Alien, Luigi Madonna s’y produisent. Les soirées techno ne sont pas hebdomadaires dans cet endroit, alors vérifiez ce qui passe avant d’y aller tête baissée !

Ouvert récemment, l’Index est devenu l’un des clubs les plus en vogue de la capitale. Avec une programmation parfois un peu plus pointue mais toujours de grande qualité. 999999999, Shlømo, Randomer, Ben Sims, Cleric, Traumer, Bas Moody & Ansome y ont notamment fait trembler les murs récemment. Un passage devenu incontournable !

Je vous conseille également de faire un tour par le Wah Wah Club qui accueille moins de grosses têtes d’affiches mais qui offre une ambiance unique et très agréable. Dans un autre registre, le Pygmalion (qui est un peu plus « hype » ) propose parfois des soirées avec des artistes très intéressants : j’y ai par exemple découvert Paranoid London.

Vous pouvez également regarder du côté du Button Factory, The Grand Social ou The Dark Horse Inn pour trouver des soirées qui vous conviennent !

L’anecdote qui fait la diff’

On parle souvent de l’Irlande pour ses habitants. Ils ont la réputation d’être de grands fêtards tout en étant très sympathiques. Et c’est totalement vrai.

L’histoire que je vous raconte se déroule en plein mois de janvier. J’avais enfin réussi à convaincre mes collocs de venir avec moi en soirée techno, au District 8. Ils apprécient mais décident de rentrer vers 2h. Je choisi de rester et même de reprendre un verre. Au bar, je commence à discuter avec un groupe de jeunes Irlandais. Très vite, on sympathise en buvant des shooters (oui ça aide). Je pars donc danser avec leur groupe jusqu’à la fin du set d’Alan Fitzpatrick. Il est 3h15, la musique se coupe, les lumières se rallument. Décidés à continuer de faire la fête, ils m’invitent en after sans que je demande quoi que ce soit.

On marche donc jusqu’à chez l’un d’entre eux. Il vit chez ses parents (qui ne sont pas là) dans une grande maison. La cave est un véritable dancefloor avec platines, enceintes, caissons de bass et lumières. Elle se remplie assez rapidement : nous sommes une bonne trentaine. Notre hôte sort des bouteilles : « open bar guuuuuuuys » hurle-t-il alors. On commence alors à refaire le monde comme si l’on se connaissait tous depuis plusieurs années. Ils sont très curieux, me posent beaucoup de questions sur la culture techno en France, sur ce qu’on écoute et comment on fait la fête. En parallèle, le système son fait cracher les décibels d’une techno aiguisée et métallique.

À un moment, on me demande même si je sais mixer pour prendre les platines. Je me débrouille mais c’est loin d’être du grand art : ils insistent pour que j’essaye. Je passe un morceau, puis deux, puis trois. Il se passe finalement une heure avant que je regarde ma montre.

Il est presque 6h. L’heure de rentrer.

Selon mon appli GPS, il me faudra 45 minutes à pieds. Sachant qu’il pleut, que je n’ai pas pris ma carte bancaire et que j’ai dépensé tout mon argent liquide. Ah oui, on est dimanche aussi donc pas de bus pour le moment. C’est à ce moment que l’une des personne présente à la soirée me donne 20 euros. Je refuse, mais elle insiste vraiment.

Je finis par accepter et lui demande comment je peux lui rembourser cette somme.

« On s’en fou mec. L’argent ça doit servir à se faire plaisir, pas à se soucier de quelque chose. On a partagé un moment génial avec toi, c’est ça le plus important »

De bien sages paroles à une heure aussi avancée. »

B.

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